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Meridien Finance
Dossier · Épargne courante14 min · 30 octobre 2026

PEL : taux, fonctionnement et quand le clôturer

Un PEL ouvert aujourd'hui rapporte 2 % brut, soit 1,40 % net, moins que le Livret A à 1,7 %. Son vrai intérêt se joue ailleurs : le droit à prêt, que presque personne ne chiffre. Taux de chaque génération de plan, calcul du prêt et règles de clôture, avec une méthode pour décider si vous gardez le vôtre.

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Rédigé par
Léa MarchettiJournaliste finance personnelle, ex-conseillère bancaire

Deux personnes qui ont un PEL dans la même banque n'ont pas le même produit. Celle qui a ouvert le sien en 2002 touche 3,27 % brut, celle qui l'a ouvert en 2020 touche 1 %, et leurs prêts n'ont ni le même taux ni les mêmes règles. La question « faut-il clôturer son PEL ? » n'a donc pas de réponse générale, seulement une réponse par date d'ouverture.

La plupart des fiches s'arrêtent au taux du moment, puis citent le coefficient de 2,5 sans jamais dire combien on peut emprunter. Ici, on donne le rendement net de chaque génération de plan, on chiffre le droit à prêt sur des cas réels de versement, et on compare le tout au Livret A, parce que c'est là que l'argent irait en cas de clôture.

Le PEL en chiffres

2 %
Taux brut des plans ouverts depuis le 1er janvier 2026
1,40 %
Taux net après prélèvement de 30 %
61 200 €
Plafond de versements
92 000 €
Prêt maximum

Ce 2 % a été fixé par un avis du 5 décembre 2025, en application d'une formule réglementaire. Le taux du prêt lui est lié : il vaut le taux du plan plus 1,20 point, soit 3,20 %. Depuis 2023, le barème a changé à chaque 1er janvier. Un nouveau barème peut donc tomber pour les plans ouverts à partir de 2027, sans effet sur les plans déjà en cours.

Comment fonctionne un PEL

Vous ouvrez le plan avec au moins 225 €, puis vous vous engagez à verser au moins 540 € par an, en général 45 € par mois, 135 € par trimestre ou 270 € par semestre. Un versement exceptionnel reste possible, dans la limite de 61 200 €. Le solde peut dépasser ce plafond grâce aux intérêts, calculés par quinzaine et ajoutés au capital chaque 31 décembre.

Qui peut en ouvrir un

Toute personne physique, à raison d'un seul PEL par personne. Un foyer peut donc en détenir plusieurs, un par membre. Si vous avez déjà un compte épargne logement, le PEL doit être ouvert dans la même banque.

Une durée en trois temps

Quatre ans : c'est la durée minimale. Pendant cette période, un retrait ferme le plan et fait perdre tout ou partie des droits.
Jusqu'à dix ans : le plan peut être prolongé d'un an en un an. Les versements restent possibles, et un retrait est autorisé à chaque échéance, mais il ferme le plan.
De dix à quinze ans : plus aucun versement, les intérêts continuent au taux du contrat.
Après quinze ans : le plan devient un livret ordinaire, dont le taux est fixé librement par la banque. Cette règle ne concerne pas les plans ouverts avant le 1er mars 2011.

Pas de retrait partiel

C'est la différence la plus coûteuse avec un livret. Vous ne pouvez pas sortir 3 000 € pour une réparation et laisser le reste : tout retrait ferme le plan. Un PEL ne remplace donc jamais une épargne de précaution, et l'argent qui y dort doit être de l'argent dont vous n'aurez pas besoin avant l'échéance.

Taux du PEL : votre rendement dépend de la date d'ouverture

La fiscalité change elle aussi selon l'âge du plan. Ouvert depuis 2018, un PEL subit chaque année un prélèvement forfaitaire de 30 % (12,8 % d'impôt et 17,2 % de prélèvements sociaux). Ouvert avant 2018, il ne paie pas d'impôt sur le revenu pendant 12 ans, puis passe au même régime. Le taux net ci-dessous est le résultat de nos calculs à partir de ces règles. Quand deux chiffres sont donnés, le premier vaut avant les 12 ans du plan, le second après.

Ouvert de juillet 1999 à mai 2000 : 2,61 % brut, 1,83 % net.
Ouvert de juin 2000 à juillet 2003 : 3,27 % brut, 2,29 % net.
Ouvert d'août 2003 à janvier 2015 : 2,5 % brut, 1,75 % net. Prêt à 4,20 %.
Ouvert de février 2015 à janvier 2016 : 2 % brut, 1,66 % puis 1,40 % net. Prêt à 3,20 %.
Ouvert de février à juillet 2016 : 1,5 % brut, 1,24 % puis 1,05 % net. Prêt à 2,70 %.
Ouvert d'août 2016 à décembre 2017 : 1 % brut, 0,83 % puis 0,70 % net. Prêt à 2,20 %.
Ouvert de 2018 à 2022 : 1 % brut, 0,70 % net. Prêt à 2,20 %.
Ouvert en 2023 : 2 % brut, 1,40 % net. Prêt à 3,20 %.
Ouvert en 2024 : 2,25 % brut, 1,58 % net. Prêt à 3,45 %.
Ouvert en 2025 : 1,75 % brut, 1,23 % net. Prêt à 2,95 %.
Ouvert depuis le 1er janvier 2026 : 2 % brut, 1,40 % net. Prêt à 3,20 %.

Service Public ne liste pas les taux des plans ouverts avant juillet 1999 : pour ceux-là, le taux figure sur votre contrat. À titre de repère, le Livret A rapporte 1,7 % net et le LEP 2,5 % net à l'heure où nous écrivons, sans plafond de durée ni blocage. Au taux actuel du Livret A, aucun plan ouvert depuis février 2015 ne fait mieux, et ceux d'août 2003 à janvier 2015 le dépassent d'un rien (1,75 % contre 1,7 %).

Sur 10 000 €, un PEL de 2026 rapporte 140 € net par an, contre 170 € sur un Livret A. Pour égaler 1,7 % net, il faudrait un PEL à 2,43 % brut, un niveau qu'aucune génération de plan récente n'atteint. Les plans de 2024, les mieux servis depuis 2018, restent à 2,25 %.

Le droit à prêt : combien pouvez-vous vraiment emprunter

Le mécanisme tient en deux étapes. Vos droits à prêt sont les intérêts acquis sur le plan à son dernier anniversaire. On les multiplie par 2,5, ce qui donne le total d'intérêts que le prêt pourra vous coûter. La banque cherche ensuite le montant dont le remboursement produit exactement ce total, au taux de votre génération. Pour des parts de SCPI, le coefficient tombe à 1,5.

Conséquence peu connue : plus le prêt est court, plus le montant est élevé. Le même droit à prêt finance bien plus d'argent sur 2 ans que sur 15, puisque chaque euro emprunté y coûte moins d'intérêts. Et le plafond de 92 000 € n'a de sens que pour des plans très remplis.

À l'autre bout, voici ce que donne un plan de 2026 rempli dès le premier jour avec 61 200 €, en remboursant sur 15 ans au taux de 3,20 %.

48 400 €
Prêt possible après 4 ans (5 045 € d'intérêts acquis)
74 100 €
Après 6 ans (7 721 € d'intérêts)
92 000 €
Plafond atteint au bout d'environ 8 ans

Ce que le prêt peut financer

Depuis 2011, le prêt sert uniquement à la résidence principale : achat, construction, extension, isolation, chauffage, énergies nouvelles. S'y ajoutent les parts de SCPI (pour les plans depuis 2018) et un local commercial ou professionnel incluant la résidence principale. Une résidence secondaire n'est finançable qu'avec un plan plus ancien, par exemple d'août 2003 à février 2011. Un investissement locatif classique ne figure pas dans la liste des plans récents, et un prêt détourné de son objet peut être exigé en remboursement immédiat.

Une fenêtre à ne pas manquer

Le plan doit être arrivé à terme. Le prêt ne peut plus être obtenu 5 ans après l'échéance contractuelle, ce qui mène à 15 ans au plus. Et une fois le plan fermé, les droits ne vivent qu'un an. Vous pouvez aussi récupérer les droits d'un proche (conjoint, enfant, parent, grand-parent, frère ou sœur, neveu ou nièce, oncle ou tante), à condition que les deux plans soient arrivés à terme. Pour un plan modeste, c'est une manière d'atteindre un montant utile.

Le prêt n'est pas forcément signé dans la banque du PEL, et cette banque ne peut pas exiger que vous y domiciliiez vos revenus. Elle peut en revanche demander des justificatifs de ressources, une garantie et une assurance emprunteur, comme pour n'importe quel crédit. Jusqu'à 75 000 €, il s'agit juridiquement d'un crédit à la consommation. Notre simulateur de capacité d'emprunt aide à situer le montant dans votre budget total.

Le prêt du PEL face au marché

L'Observatoire Crédit Logement/CSA relève un taux moyen de 3,40 % en septembre 2026, contre 3,16 % en décembre 2025 et 3,31 % en août. C'est une moyenne toutes durées, qui ne remplace pas un devis. Elle suffit pourtant à classer les générations.

Plans à 2,20 % (août 2016 à 2022) : écart d'environ 1,2 point. C'est la seule catégorie où le prêt vaut clairement quelque chose aujourd'hui.
Plans à 2,70 % et 2,95 % : avantage réel, mais moindre, surtout pour un prêt court.
Plans à 3,20 % : 0,2 point d'écart. Sur le prêt de 48 400 € calculé plus haut, cela représente environ 850 € d'intérêts sur 15 ans.
Plans à 3,45 % et 4,20 % : plus chers que la moyenne actuelle, sauf si les taux remontent d'ici votre achat.

Quand clôturer son PEL

Trois questions suffisent. Votre taux net bat-il ce que vous auriez sur un livret réglementé ? Avez-vous un achat de résidence principale d'ici quelques années ? Vos livrets ont-ils de la place pour accueillir l'argent ? Un Livret A plein ne reçoit plus rien, et un plan qui finit sur un livret bancaire taxé change le calcul. Voici notre lecture par génération.

Plans de 1999 à janvier 2015 : on garde. Leur taux net reste supérieur au Livret A, et rien ne garantit que ce dernier reste à 1,7 % après le 31 janvier 2027.
Plans de février 2015 à juillet 2016 : on garde seulement si le prêt ou la prime vous intéresse. Sinon, le Livret A rapporte déjà plus, même pendant les 12 ans d'exonération.
Plans d'août 2016 à 2022 : la question vaut surtout ici. Sans projet, on ferme après avoir vérifié la place sur le Livret A et le LDDS. Avec un projet, on garde pour le prêt à 2,20 %, comme Julien.
Plans de 2023 à 2026 : on garde seulement pour le prêt ou si vos livrets réglementés sont pleins.

Ce que coûte une clôture selon l'âge du plan

Avant 2 ans : les intérêts sont recalculés au taux du CEL en vigueur, soit 1,25 % actuellement, et le droit à prêt disparaît.
Entre 2 et 3 ans : le taux du plan est conservé, le droit à prêt disparaît.
Entre 3 et 4 ans : le taux est conservé, mais le prêt ne peut pas atteindre son montant maximum. Pour les plans d'avant 2018, la prime d'État est réduite de moitié.
Après 4 ans : aucune pénalité. Les droits à prêt restent valables un an pour les plans ouverts depuis 2018.

La banque peut aussi fermer votre plan elle-même : versements périodiques non respectés, moins de 540 € versés dans l'année, retrait avant le troisième anniversaire ou solde au-dessus de 61 200 €. La clôture à votre initiative suit la procédure du contrat. Demandez la date d'effet, puisque les intérêts se calculent par quinzaine. Si votre Livret A est déjà plein, notre guide Livret A plein : que faire ensuite classe les enveloppes suivantes.

La clôture automatique à 15 ans

Les plans ouverts depuis le 1er mars 2011 ont une durée de vie limitée à 15 ans. Les premiers sont arrivés au terme en mars 2026. Un communiqué de Finzzle, qui cite la Banque de France, estime à 3,2 millions le nombre de plans concernés d'ici 2030 (36 % des plans actifs), pour 93 milliards d'euros, avec un pic de 1,1 million de plans en 2030.

L'argent ne disparaît pas : il reste à la banque, sur un livret ordinaire. Ce livret a un taux libre, en moyenne 0,8 % brut selon ce même communiqué, taxé à 31,4 %, soit environ 0,55 % net. Sur l'encours moyen d'un PEL, 25 017 €, passer de 0,55 % à 1,7 % sur le Livret A représente près de 290 € par an (dans la limite de son plafond de 22 950 €, le reste allant sur un LDDS).

Faut-il encore ouvrir un PEL

Pour la plupart des épargnants, non. Avant toute ouverture, trois enveloppes passent devant : le LEP si vous y êtes éligible, le Livret A et le LDDS, qui rapportent plus net sans blocage. Au-delà, notre classement des meilleurs livrets compare les solutions bancaires.

Reste une situation où le plan se défend : vous avez un achat de résidence principale daté entre quatre et dix ans, une somme déjà constituée, et vos livrets réglementés sont pleins. Le plan joue alors le rôle d'une assurance contre une hausse des taux : un prêt garanti à 3,20 %, en échange d'un rendement net de 1,40 %. Si les taux de crédit baissent d'ici là, vous laissez le prêt de côté et il ne vous aura rien coûté, sinon le rendement non touché ailleurs. Pour un horizon lointain sans projet immobilier, regardez plutôt notre guide pour choisir une assurance-vie.

Si vous envisagez des parts de SCPI, le coefficient réduit à 1,5 limite le montant finançable : pour cet usage, un crédit classique, détaillé dans notre guide de la SCPI à crédit, reste souvent plus simple.

Transfert, décès et cas particuliers

Un PEL se transfère dans une autre banque en gardant son ancienneté, son taux et ses droits à prêt. La banque peut toutefois refuser et des frais peuvent s'appliquer : demandez le tarif avant de lancer l'opération. Le plan peut aussi être transféré à un membre de votre famille qui n'a pas déjà de PEL.

En cas de décès avant les 10 ans du plan, celui-ci est en principe fermé, sauf si un héritier le reprend, dans la limite du plafond et en respectant les engagements du défunt. Après 10 ans, il est fermé et son montant entre dans la succession. Les frais bancaires de succession sont plafonnés à 1 % du solde total des comptes et produits d'épargne, dans la limite de 857 €.

Les erreurs à éviter avec un PEL

Fermer un plan sans regarder sa date d'ouverture : c'est elle qui décide du taux, de la fiscalité, du prêt et de la prime.
Calculer son rendement sur le taux brut : les plans ouverts depuis 2018 perdent 30 % de leurs intérêts chaque année.
Compter sur le prêt sans demander le montant de ses droits à sa banque : il peut ne représenter que quelques milliers d'euros.
Oublier la date des 15 ans : à cette date, le taux du contrat disparaît sans que vous ayez rien à signer.
Laisser passer l'année qui suit la clôture alors qu'un achat se prépare : passé ce délai, les droits sont perdus.
Fermer un plan à 1 % sans vérifier la place sur ses livrets : un livret bancaire au taux moyen rapporterait moins que le plan, net d'impôt.

Questions fréquentes sur le PEL

2 % brut, soit 1,40 % net, pour un plan ouvert depuis le 1er janvier 2026. Ce taux reste celui du plan pendant toute sa durée. Les plans plus anciens gardent le taux de leur date d'ouverture, de 1 % à 3,27 % brut pour les générations listées par Service Public depuis 1999.
61 200 € de versements. Les intérêts peuvent faire dépasser ce montant. Le prêt associé est limité à 92 000 €.
Non. Tout retrait entraîne la fermeture du plan. Retirer avant 2 ans fait perdre le taux du plan (recalcul au taux du CEL) et le droit à prêt. Après 4 ans, la clôture ne coûte plus rien.
Oui. Ouvert depuis 2018 : prélèvement de 30 % chaque année, dès le premier euro d'intérêts. Ouvert avant 2018 : pas d'impôt sur le revenu pendant 12 ans, puis imposition, avec des prélèvements sociaux de 17,2 %, annuels pour les plans ouverts depuis le 1er mars 2011.
Pour un plan ouvert depuis le 1er mars 2011, il devient un livret d'épargne ordinaire, à un taux librement fixé par la banque. Votre argent reste disponible, mais il faut le déplacer vous-même pour éviter un faible rendement. Les plans ouverts avant le 1er mars 2011 gardent leur taux sans limite de durée.
Non, un seul par personne. Dans un couple, chacun peut avoir le sien, et un proche peut vous céder ses droits à prêt quand les deux plans sont arrivés à terme.
Non. Vous pouvez laisser le plan arriver à terme et récupérer votre argent sans emprunter. Le prêt n'est qu'une option, à comparer au taux du marché le moment venu. Seule la prime d'État des plans anciens en dépend.
Pour de l'argent disponible, le Livret A : 1,7 % net et aucun blocage, contre 1,40 % net pour un plan de 2026. Le PEL ne reprend l'avantage que grâce à un taux ancien élevé ou à un prêt moins cher que le marché pour un achat de résidence principale.

Verdict : un plan se juge à sa date d'ouverture

Le PEL n'est plus un bon placement pour qui ouvre un plan aujourd'hui : à 1,40 % net, il rapporte moins qu'un Livret A disponible à tout moment. Notre priorité va aux plans de 2018 à 2022 : leur taux net est le plus faible, mais leur prêt à 2,20 % est nettement moins cher que le marché, si bien que tout dépend de votre projet d'achat. Les plans d'août 2003 à janvier 2015, eux, méritent de rester ouverts, et ceux de mars 2011 à janvier 2015 peuvent encore donner une prime d'État.

L'action à mener dans les 30 jours : retrouvez la date d'ouverture de votre plan et demandez à votre banque le montant de vos droits à prêt. Avec ces deux chiffres et les taux ci-dessus, vous savez s'il faut garder ou fermer. Si la réponse est de fermer, le hub livrets vous aidera à replacer l'argent.

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Rédigé par
Léa Marchetti
Journaliste finance personnelle, ex-conseillère bancaire

Ex-conseillère en agence bancaire, 6 ans à voir des frais aberrants sur les comptes courants. Je raconte la fintech vue du côté client.

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