Le PFU (Prélèvement Forfaitaire Unique) est passé de 30 % à 31,4 % en 2026, suite à la hausse de la CSG (+1,4 pt) votée dans la loi de finances. Mais cette nouvelle est presque toujours mal expliquée. La hausse n'est PAS uniforme : certaines enveloppes restent à 30 % (AV, PEL, CEL), d'autres à barème + 17,2 % PS (revenus fonciers, plus-values immo). Cet article met de l'ordre, avec la carte précise des taux 2026 par enveloppe. Pour la mécanique pratique de chaque enveloppe : fiscalité du PEA, fiscalité AV après 8 ans, fiscalité SCPI.
Le PFU 2026 : qu'est-ce qui change
Le PFU est un taux d'imposition forfaitaire unique applicable à la plupart des revenus de capitaux mobiliers. Composition : 12,8 % d'IR + prélèvements sociaux. La hausse 2026 vient des prélèvements sociaux qui passent de 17,2 % à 18,6 %, soit un total à 31,4 %. Cette hausse touche principalement la CSG (+1,4 pt) destinée au financement de la sécurité sociale et de la transition écologique.
La carte complète des taux 2026 par enveloppe
Au PFU 31,4 % (catégorie standard)
Exclusions : maintenu à 30 % (PS 17,2 %)
Hors PFU : au barème IR + PS 17,2 %
Régimes spécifiques
L'option barème : pour qui c'est intéressant
À chaque déclaration annuelle, vous pouvez opter pour le barème progressif IR au lieu du PFU. C'est uniquement intéressant si votre TMI est inférieur à 12,8 % (l'IR du PFU). Concrètement, TMI 0 % ou 11 %.
Pour TMI 30 % et plus : option barème toujours moins avantageuse que le PFU. Pour TMI 11 % : économie marginale (50-100 €/an pour gains modestes). Pour TMI 0 % (étudiants, retraités modestes) : option recommandée systématiquement (économie 12,8 % d'IR évité). Pour les TMI élevés, l'optimisation passe par d'autres leviers : voir notre dossier optimisation fiscale TMI 41-45 %.
Calculer son impôt PFU : exemple complet
Hypothèse : Hadrien a un CTO avec 80 K€ versés, valeur actuelle 120 K€ après 10 ans. Il vend 30 K€ de positions et veut savoir combien il paiera.
Étape 1 : calculer la part de gains dans la cession. Ratio gains/valeur : 40/120 = 33,33 %. Sur 30 K€ vendus, part imposable : 30 × 33,33 % = 9 999 €. Étape 2 : appliquer le PFU. 9 999 × 31,4 % = 3 140 €. Étape 3 : net reçu par Hadrien : 30 K€ - 3 140 € = 26 860 € net.
Pour la même opération sur un PEA après 5 ans : 9 999 × 18,6 % = 1 860 €. Net : 28 140 €. Différentiel PEA vs CTO : 1 280 € d'économie sur cette opération.
Les pièges du PFU
Autre piège : la déclaration des SCPI françaises en revenus fonciers (jamais éligibles PFU) vs SCPI européennes (revenus fonciers étrangers + crédit d'impôt). Beaucoup de contribuables déclarent à tort leurs SCPI Corum comme du PFU, perdant le crédit d'impôt. À vérifier avec un comptable la 1re année.
Questions fréquentes
Verdict
Le PFU 31,4 % en 2026 reste, pour la majorité des contribuables, le moyen le plus simple et avantageux de fiscaliser ses revenus mobiliers (CTO, dividendes, crowdfunding, PE direct). L'option barème n'est intéressante que pour TMI 0-11 %. Mais surtout : la vraie optimisation est de privilégier les enveloppes à fiscalité réduite (PEA après 5 ans, AV après 8 ans, PER) plutôt que de subir le PFU sur le CTO. Sur 20 ans, l'écart entre CTO PFU et PEA pour 50 K€ versés à 5 %/an : ~10 600 € en faveur du PEA. Pour la stratégie complète : dossier comment payer moins d'impôts, PEA vs CTO : qui gagne ?. Outils : simulateur fiscalité AV et simulateur PER.